Michele de Bruijn
1980 - 2014
Michele de Bruijn représente l'ordinaire humain que MH17 a anéanti : une voyageuse avec des projets, des obligations et un siège attribué sur un vol long-courrier qui aurait dû être routinier. Elle faisait partie des nombreuses victimes néerlandaises à bord de l'appareil, et les listes de passagers et les identifications des victimes documentées publiquement la placent parmi les morts des Pays-Bas, le pays qui porterait plus tard une grande partie du deuil officiel et du fardeau d'enquête.
Ce qui rend une figure comme de Bruijn essentielle à l'histoire des catastrophes, ce n'est pas la célébrité, mais la proportionnalité. Les catastrophes aériennes peuvent rapidement devenir abstraites, réduites à un type d'appareil, un système d'armement ou une conséquence diplomatique. Pourtant, chaque nom récupéré interrompt cette abstraction. Le manifeste des passagers de MH17 comprenait des familles, des professionnels, des étudiants, des retraités et des enfants. Dans un récit documentaire, de Bruijn représente tous ceux dont la vie a été interrompue en cours de route et ensuite intégrée dans un processus de comptage mené par des coroners, des équipes judiciaires et des ministères.
Sa mort est importante pour le récit car elle situe l'événement dans le domaine de la confiance civile. Elle a embarqué sur un vol passager programmé, pas sur une cible militaire. Elle était l'une des 298 personnes tuées lorsqu'un missile a déchiré l'appareil au-dessus de l'est de l'Ukraine. Ce fait est simple, mais ses implications ne le sont pas. Sa perte, comme celle des autres, est devenue une partie de la preuve que la sécurité aérienne ne peut être supposée là où la guerre a rendu le ciel lui-même instable.
Dans les années qui ont suivi, sa famille et les familles d'autres victimes ont fait partie d'un long processus de commémoration : identification, rapatriement, mémoriaux et procédures judiciaires qui ont tenté de nommer la responsabilité là où le missile avait effacé les voyages normaux. La place de Michele de Bruijn dans les archives est donc à la fois personnelle et collective. Elle est rappelée comme l'une des personnes que le monde a échoué à protéger, et comme une partie de la raison pour laquelle MH17 reste plus qu'un dossier géopolitique.
L'année de naissance et l'année de décès sont incluses comme un marqueur documentaire dans le registre public disponible par le biais de la documentation des victimes et des références mémoriales ; les détails précis de sa vie privée, au-delà du fait de sa présence sur le vol et de sa nationalité néerlandaise, méritent la confidentialité. L'histoire des catastrophes doit honorer cette limite même qu'elle enregistre le fait public de sa mort.
