Mikhail Gorbachev
1931 - 2022
Mikhail Gorbachev n'a pas causé le tremblement de terre, mais il s'est trouvé à l'endroit où le tremblement de terre est devenu de l'histoire plutôt que de la simple géologie. En tant que secrétaire général, il a hérité d'un État soviétique qui parlait encore le langage de la certitude, mais ses propres réformes de glasnost et de perestroïka avaient commencé à assouplir l'ancienne habitude de dissimulation. Lorsque la catastrophe arménienne a frappé, il a dû faire un choix qui était plus grand que la sympathie : traiter l'événement comme une embarras interne à gérer, ou comme une urgence nationale nécessitant transparence, aide étrangère et reconnaissance publique de l'échec.
On se souvient souvent de lui pour la fin de l'Union soviétique, mais en Arménie, son importance réside dans la manière dont l'État a agi sous pression. La catastrophe a contraint la direction à accepter une crise que la propagande ne pouvait pas contenir. L'aide venant de l'étranger n'était pas simplement un geste humanitaire ; c'était une admission visible que le système soviétique ne pouvait pas tout faire seul. La période de pouvoir de Gorbachev a rendu cette admission possible, même si elle a été faite à contrecœur et sous la contrainte. Le tremblement de terre est donc devenu l'un des moments où la réforme et la faiblesse étaient indissociables.
Son rôle politique était très visible, mais son rôle humain était plus contraint. Il n'était pas un commandant de sauvetage dans les décombres, ni un médecin dans les tentes de triage. Il était la figure qui devait décider de ce que le pays dirait de son propre échec. C'est un type de leadership sombre, car il se situe à la frontière entre gouvernance et confession. La catastrophe a révélé combien d'autorité soviétique reposait sur la gestion des apparences. En Arménie, les apparences se sont effondrées avec les bâtiments.
La réponse de Gorbachev n'a pas directement sauvé des vies, mais elle a influencé l'atmosphère plus large dans laquelle la société soviétique a commencé à dire la vérité sur ses vulnérabilités. La catastrophe a affaibli la façade de compétence qui avait soutenu l'État soviétique tardif. En ce sens, sa place dans l'histoire n'est pas celle d'un sauveteur, mais celle de l'officiel contraint de regarder les ruines et de laisser le monde les voir aussi. Cela faisait partie de la fin de l'ancien ordre.
