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Back to Éruption du Mont Merapi
ScientifiqueCenter for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG), IndonesiaIndonesia

Surono

1964 - Present

Surono est devenu l'un des visages publics de la crise du Merapi en 2010 car il occupait l'espace étroit où la science se transforme en action d'urgence. En tant que directeur du PVMBG, il était responsable de la traduction des données sismiques, des mesures de déformation et des observations de terrain en avertissements sur lesquels les résidents ordinaires et les responsables locaux pouvaient agir. C'est un rôle difficile dans toute catastrophe, mais à Merapi, il revêtait un poids exceptionnel car l'histoire de la montagne avait produit à la fois une confiance fatale et une fatigue face aux alertes. On ne lui demandait pas de rendre le volcan prévisible. On lui demandait de décider quand l'incertitude avait franchi le seuil d'un risque inacceptable.

Ce qui rendait Surono significatif n'était pas une déclaration unique ou un geste dramatique, mais l'accumulation de jugements qui ont conduit à l'élargissement des zones d'exclusion et des ordres d'évacuation avant la phase la plus létale de l'éruption. Son autorité dépendait de sa crédibilité tant auprès de la communauté scientifique que du public. Il devait parler clairement du danger tout en évitant le genre de précision trompeuse qui peut rendre un avertissement plus facile à ignorer lorsque les événements ne se déroulent pas exactement comme prévu. Dans la gestion des catastrophes, cet équilibre est crucial : une alarme qui arrive trop tard est inutile, mais une alarme imprudente peut faire perdre la confiance bien avant l'arrivée de la véritable urgence.

L'affiliation de Surono avec le PVMBG le plaçait au centre de l'appareil de surveillance volcanique de l'Indonésie, qui était étroitement surveillé pendant l'éruption. L'événement de 2010 est devenu un test important pour savoir si les institutions techniques du pays pouvaient devancer une crise volcanique en rapide escalade. Il a contribué à incarner le fait qu'une bonne réponse aux catastrophes commence bien avant la première victime. Elle commence lorsque les scientifiques décident que les chiffres sur un écran représentent des personnes qui doivent se déplacer.

Son rôle public comptait également car Merapi était une montagne dotée d'une autorité culturelle. Les avertissements scientifiques devaient rivaliser avec la mémoire, les coutumes et le jugement local. Le défi de Surono était donc non seulement technique mais aussi social. Il devait persuader les communautés que la montagne avait changé de caractère et que les anciennes hypothèses sur un danger familier n'étaient plus valables. C'était un exercice de persuasion mené sous pression, avec des vies dépendant de la croyance des gens en lui à temps.

Dans le registre historique de Merapi, Surono représente la meilleure version possible de la volcanologie d'urgence : mesurée, fondée sur des preuves, et prête à agir avant que la certitude n'arrive. Son héritage est indissociable d'une catastrophe qui a exposé combien de choses peuvent encore mal tourner même lorsque le système d'alerte fait son travail. C'est ce qui le rend central dans l'histoire. Il n'a pas empêché l'éruption. Il a aidé à empêcher qu'elle ne devienne pire qu'elle n'aurait pu l'être.

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