Thomas Lennon
1884 - 1916
Thomas Lennon représente les nombreux membres d'équipage dont les décès ne deviennent pas célèbres parce qu'ils n'ont pas laissé de mémoires, d'interviews ou de légendes publiques, mais dont la perte était essentielle au coût humain de la catastrophe. En tant que chauffagiste à bord du Britannic, il travaillait en dessous des ponts où la chaleur, la poussière de charbon, le bruit et le travail constant d'alimentation des moteurs du navire formaient la salle des machines cachée de la vie du navire-hôpital. L'image publique du Britannic était celle d'une peinture blanche et de croix rouges, mais sous ce symbole se trouvaient des hommes comme Lennon maintenant la machinerie en mouvement.
Le travail d'un chauffagiste était physiquement éprouvant même en conditions calmes. En temps de guerre, il était également isolé. Les espaces intérieurs du navire étaient un monde à part des salles et des promenades au-dessus, et cette séparation signifiait que la catastrophe pouvait frapper les vies de manière inégale. Lorsque la mine a explosé, ceux en dessous du pont ont fait face à des inondations, à la pression et à des conditions d'évasion changeantes rapidement dans des espaces qui n'étaient jamais destinés à un abandon soudain. Le fait que certains membres d'équipage aient échappé et d'autres non était en partie une question de position, en partie une question de timing, et en partie l'indifférence brutale de la conception du navire une fois qu'un système compartimenté est défait.
L'importance de Lennon réside dans le rappel que les navires-hôpitaux étaient toujours des navires, avec tout le travail et le danger que cela impliquait. Les croix rouges n'exemptaient pas les hommes dans les salles des machines des lois physiques d'inondation et de succion. Ni la mission humanitaire ne les protégeait des mêmes marges étroites d'évasion auxquelles faisaient face tous les autres à bord. Dans le dossier du Britannic, la mort d'un chauffagiste peut sembler moins visible que la survie d'une infirmière, mais les deux font partie du même événement.
Il est mort dans le naufrage le 21 novembre 1916, l'un des 30 personnes généralement acceptées comme perdues. Ce nombre est faible par rapport à l'effectif du navire, mais chaque nom ancre la catastrophe en termes humains. La vie de Lennon, bien que peu documentée, représente le travail qui a rendu le navire possible et la classe de travailleurs maritimes en temps de guerre qui ont supporté la première force du danger sous la ligne de flottaison.
Raconter le Britannic honnêtement, c'est se rappeler que sa perte n'était pas seulement un échec technique ou un célèbre quasi-accident par rapport au Titanic. C'était aussi un décès au travail pour des hommes dont les noms n'étaient pas imprimés sur la coque. Lennon est l'un d'eux.
